Circuler pour produire : un droit essentiel à préserver.
Voici le discours que nous a autorisé à publier le Président du cantons des Jeunes Agriculteurs des Basses Vallée Angevines
Discours présenté lors de l’assemblé générales des jeunes agriculteur de Maine et Loire
“Comme vous l’avez compris, notre canton a choisi cette année de mettre en avant le sujet des aménagements routiers, à travers une vidéo volontairement humoristique.
Mais derrière l’humour, il y a un vrai sujet de fond, et c’est pour cela qu’il me semblait important de prendre la parole aujourd’hui.
Pour rappel, la réglementation française autorise un gabarit agricole de 3,50 mètres de large sans escorte, et jusqu’à 4,50 mètres avec escorte.
Cette réglementation n’est pas une option : c’est un impératif légal, dont les élus, les maires et le département doivent tenir compte dans tous les projets d’aménagement routier.
Or, nous constatons aujourd’hui de plus en plus d’aménagements, y compris sur des axes structurants, qui ne prennent plus en compte les acteurs du monde agricole présents sur leur territoire.
Nous avons parfaitement conscience que la réduction de la vitesse est un enjeu majeur pour les communes et le département.
Mais elle ne doit pas se faire au détriment de la circulation des engins agricoles et des poids lourds, notamment par la réduction excessive de la largeur des chaussées ou par des aménagements inférieurs à 4,50 mètres.
Par ailleurs, la baisse du nombre d’agriculteurs entraîne mécaniquement une baisse du nombre de représentants du monde agricole dans les conseils municipaux.
Il devient donc de plus en plus difficile pour nous de suivre l’ensemble des projets sur nos territoires.
Pour autant, ce n’est pas une excuse suffisante pour ne plus prendre en compte nos déplacements professionnels.
Chaque projet d’aménagement devrait faire l’objet d’une concertation réelle et en amont :
- avec les agriculteurs concernés,
- mais surtout avec les entrepreneurs de travaux agricoles, qui circulent énormément avec du matériel de grande largeur.
Ces concertations doivent avoir lieu dès la phase de réflexion, avant les réunions publiques, qui sont bien souvent des réunions d’information, alors que l’essentiel du projet est déjà acté.
Aménagement communal
Largeur à 3,10 mètres : résultat, des plots écrasés, avec un risque important d’endommager le matériel.
RD 52, route de contournement poids lourds de la ville
Largeur de chaussée abaissée à 5,50 mètres, avec des trottoirs droits : impossibilité de croisement.
Conséquence directe : des dégâts matériels.
Un pneu d’engin agricole ou de travaux agricoles, c’est environ 5 000 euros, et pour certains entrepreneurs, c’est au moins un par an et par automoteur
Ces coûts sont ensuite répercutés sur le prix des prestations agricoles.
Les arguments avancés sont souvent les mêmes :
« Il faut du matériel plus petit »,
« Ça a été fait ailleurs et ça passe ».
Sauf qu’ici, le projet a coûté 800 000 euros, et le bilan aujourd’hui, c’est une proposition de réaménagement, donc de la destruction… et des coûts supplémentaires.
Aujourd’hui, nous sommes agriculteurs, mais avant tout citoyens.
Cela signifie aussi que ce sont nos impôts qui financent ces aménagements.
Être contraints de dégrader des infrastructures coûteuses simplement pour pouvoir travailler et circuler relève, pour moi, de l’aberration.
Enfin, on parle beaucoup du renouvellement des générations.
Mais celui-ci ne pourra se faire que si les agriculteurs peuvent circuler librement et exercer leur métier dans des conditions normales.
J’invite donc l’ensemble des pouvoirs publics à prendre pleinement la mesure de cette problématique, afin de continuer à travailler en bonne intelligence avec les agriculteurs et l’ensemble des acteurs du monde agricole lors des futurs projets d’aménagement.”